Une invitation au voyage : sillonnez le monde grâce aux embouteilleurs indépendants

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Les embouteilleurs indépendants sortent des sentiers battus

A une époque pas si lointaine, les amateurs de rhum ou de whisky se contentaient des embouteillages officiels produits par les distilleries. Il existait bien quelques indépendants qui achetaient des whiskies provenant de différentes distilleries pour ensuite les mettre en bouteille sous leur propre marque mais le phénomène restait très confidentiel. 

Traditionnellement ces maisons proposaient des versions « brut de fût » ou « single cask » de distilleries peu connues ou disparues très recherchées par les amateurs. Depuis la fin des années 1980, le nombre d’embouteilleurs indépendants a considérablement augmenté et chacun apporte sa patte à travers des finish dans des fûts qui sortent de l’ordinaire et qui tranchent avec les embouteillages officiels en offrant d’autres types d’expressions. 

Si certaines distilleries ont toujours refusé de vendre leurs fûts à des tiers (Glenmorangie, Glenfiddich), d’autres ont largement profité du succès des indépendants pour acquérir une certaine notoriété auprès des amateurs. Dans le rhum comme dans le whisky les embouteillages indépendants, de par leur singularité, connaissent un grand succès chez consommateurs éclairés.

Plus qu’un simple embouteilleur

Contrairement à de nombreux embouteillages officiels, les indépendants se sont dès leurs débuts attachés à proposer les whiskies dans leur plus simple expression. C’est notamment le cas de Cadenhead’s, le plus ancien embouteilleur indépendant écossais, qui commercialise des whiskies sans coloration artificielle, sans filtration à froid et simplement réduit à 46%. 

D’autres, comme Chieftain’s misent beaucoup sur les single casks, ces embouteillages issus d’un fût unique qui montrent un visage bien différent des embouteillages officiels assemblés à partir d’un grand nombre de fûts. Une autre pratique courante chez les indépendants consistent à affiner les spiritueux dans des fûts qui sortent de l’ordinaire (vin, fût neuf, porto, cognac…) afin d’emmener le distillat dans une autre dimension et de proposer une expérience radicalement différente de celle proposée par les embouteillages officiels. Ces expressions uniques ont souvent permis aux consommateurs de découvrir des distilleries peu connues et ont donc fait le bonheur de toute une industrie.


Un succès inespéré

Si les distilleries ont longtemps regardé les embouteilleurs indépendants de haut, le rapport de force s’est depuis inversé. Il est loin le temps où les propriétaires de Springbank se payaient le luxe de faire passer Cadenhead’s, l’embouteilleur historique écossais, sous leur giron. Désormais l’histoire s’inverse et de nombreux indépendants rachètent des distilleries ou construisent leur propre unité de production. 

Les exemples ne manquent pas, ni dans le monde du whisky ni dans celui du rhum. Ian Macleod, la société qui se cache derrière Chieftain’s a racheté les distilleries Glengoyne et Tamdhu en Écosse. Les embouteilleurs indépendants ont tant fait pour mettre en avant la singularité et le caractère exceptionnel des distilleries qu’il paraît logique de les voir franchir le pas et se lancer dans la production. Leur expérience dans la gestion des fûts, l’affinage et la sélection leur offre une légitimité amplement méritée. 

Le rhum monte en gamme grâce aux indépendants

Dans l’univers du rhum, le succès des indépendants est plus récent et coïncide avec l’engouement pour les eaux-de-vie de canne à sucre. Si Cadenhead’s a de tous temps embouteillé des rhums, cette offre était très marginale bien qu’extrêmement qualitative. Il a fallu attendre l’arrivée de nouveaux acteurs tels que Velier, Rum Nation ou Plantation pour voir le rhum monter en gamme. Avec des expressions de distilleries inconnues ou disparues embouteillées brut de fût, ces maisons de négoce ont mis en avant la quintessence du rhum et fait naître toute une génération d’amateurs éclairés. 

Plus récemment, La Maison du Rhum a suivi le même chemin avec succès. En sélectionnant les meilleurs fûts de distilleries réputées aux quatre coins du globe, ce nouveau venu dans le paysage valorise chaque origine et chaque style à travers des embouteillages exclusifs. La Maison du Rhum sort des sentiers battus avec des éditions limitées uniques telles qu’un Botran du Guatemala mis en bouteille à 55% ou un Sainte-Lucie 2011 ultra aromatique. 

A travers ces exclusivités dégotées grâce à une relation de confiance établie de longue date avec les distilleries, la maison lancée par Dugas présente un autre visage de rhums déjà réputés et participe à la montée en gamme de la catégorie.

Jonas Vallat
Journaliste

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